22 juil.

Levée du liège à l’Abbaye de Valbonne

L’abbaye de Valbonne, située au cœur de l’arrière-pays de Collioure, a été construite par les moines Cisterciens au XIIIème siècle après JC. Dans cette zone préservée au milieu des montagnes pousse une forêt centenaire, plantée sur une ancienne terre viticole à l’époque de la crise du Phylloxera (vers 1875). C’est dans cette forêt que l’on trouve de nombreux chênes-liège utilisés pour la conception de bouchons en liège du Roussillon.

Traditionnellement, les bouchons utilisés sur les bouteilles de vin sont en liège car sa porosité naturelle autorise de lents échanges entre l’air et la bouteille, ce qui permet au vin d’évoluer doucement durant son vieillissement.  De nos jours, des bouchons poreux synthétiques sont également utilisés sur les vins ne nécessitant pas de vieillissement tels que certains blancs, les rosés ou les rouges fruités, ce qui permet d’éviter tout risque de goût de bouchon en préservant la qualité du vin.

Les leveurs, artisans spécialisés dans la récolte du liège, récupèrent la couche supérieure de l’écorce du chêne-liège afin de la confier au bouchonnier. Ils ne sont plus que 25 en France, dont 5 dans le Roussillon. Leur travail est très précis : ils doivent enlever l’écorce sans abimer les sous-couches régénératrices afin de préserver l’arbre. Ce travail s’effectue également dans la durée : Le chêne-liège met 20 ans à pousser avant d’être « levé » pour la première fois. Le premier liège, appelé « liège mâle » n’est pas exploitable, pas plus que le second, très craquelé, qui met 15 ans à repousser. Il faudra attendre 15 ans supplémentaires, donc le troisième liège, pour pouvoir réaliser des bouchons.

Ainsi, afin de lever un liège qui donnera des bouchons de qualité, il faudra patienter pas moins de 50 ans ! C’est donc un travail raisonné et durable qui est effectué à l’abbaye de Valbonne.

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